Ni tout à fait la marquise de Croissy, ni tout à fait Mme d'Usson de Bonnac...

Catalogue concerné : I. Catalogue des portraits peints / Portraits d'attribution certaine

Période : Quatrième période (de 1699/1700 à 1709/1710)

Nature de la mise à jour : création de notice

Numéro supplémentaire au catalogue : PS.15

Fig. 1a : Portrait d'une jeune femme inconnue, vers 1705-1710, collection particulière

(c) Galerie de Chartres / tous droits réservés

Fig. 1b à 1j : Portrait d'une jeune femme inconnue (détails), vers 1705-1710, collection particulière

(c) Galerie de Chartres / tous droits réservés





Ayant repéré ce plaisant portrait parmi les lots d'une vente future en province, nous livrons ici notre première analyse, sans préjuger du statut de la toile ni de son auteur, puisque la seule photographie à laquelle nous avons eu accès pour l'instant, ne suffit pas à se faire une opinion dûment fondée sur sa manière. Nous avons demandé à pouvoir l'examiner, ce qui nous permettra d'apporter à cet article les précisions qui s'imposent.


NOUVELLE NOTICE

PS.15 Jeune femme inconnue

Ht. H. 0,98 x L. 0,79 cm.

Coll. part.

Hist. : vente Chartres, Galerie de Chartres, 8 avril 2018, lot 136, repr. (école française vers 1730, suiveur de Jean Ranc, Portrait de femme devant un paysage).




La composition adoptée par l'auteur de ce plaisant portrait féminin doit être moins rattachée à l'obédience "rancienne", si l'on nous permet ce néologisme, qu'à celle de son maître dont il avait épousé la nièce, Hyacinthe Rigaud. En effet, notre jeune inconnue reprend l'essentiel de son attitude, de ses accessoires et de son arrière-plan au portrait de Françoise Béraud (1642-1719), épouse de Colbert de Croissy, pour laquelle Rigaud avait inventé, moyennant quelque 400 livres et avec l'aide de deux de ses confrères, Joseph Parrocel et Pierre Nicolas Huilliot, une composition toute originale, peinte entre 1696 et 1699 (Fig. 2) [1].



Fig. 2 : Hyacinthe Rigaud avec la collaboration de Joseph Parrocel pour l'arrière-plan et Pierre Nicolas Huilliot pour le bouquet de fleurs, Portrait de Françoise Béraud, marquise de Croissy, 1696-1699, collection particulière

(c) Pierre David / Ariane James-Sarazin


On retrouve également le souvenir de la marquise de Croissy dans un magnifique dessin en forme de ricordo conservé dans la collection Jeffrey E. Horvitz (Fig. 3) [2], ainsi que chez Esther d'Usson de Bonnac, née de Jaussaud (vers 1652-après 1707) que Rigaud peignit en 1706-1707 (Fig. 4) [3] .



Fig. 3 : Hyacinthe Rigaud avec la collaboration de Charles Viennot, Portrait d'une femme inconnue, après 1699, États-Unis, Boston, coll. Jeffrey E. Horvitz, inv. D-F-260/1.1993.152

(c) Coll. Jeffrey E. Horvitz / tous droits réservés

Fig. 4 : Hyacinthe Rigaud avec la collaboration de B. Monmorency, Portrait d'Esther d'Usson de Bonnac, 1706-1707, États-Unis, Kansas City, The Nelson-AtkinsMuseum of Art, inv. F77-14

(c) The Nelson-Atkins Museum of Art / tous droits réservés

Comme souvent, même si l'économie générale du portrait est "répétée", Rigaud apporte maintes variations, d'une cliente à l'autre, à partir d'un parti pris initial commun : c'est ainsi que notre inconnue, qu'elle ait été produite dans le giron de l'atelier ou à l'extérieur de celui-ci - ce qui en ferait une copie d'après un original non localisé du maître -, présente des différences notables dans l'habit (avec la marquise de Croissy, Mme d'Usson de Bonnac ou l'inconnue de la collection Horvitz), dans la fleur qu'elle tient à la main (avec, notamment, Mme d'Usson de Bonnac), dans les accessoires (pas de serviteur noir comme chez la marquise de Croissy, pas de plante en bas à gauche comme chez Mme d'Usson de Bonnac, mais en revanche, une colonne drapée qu'elle partage avec ces deux dernières et qui les différencie toutes trois de l'inconnue de la collection Horvitz...), ainsi que dans le développement latéral donné à la composition.


Tant la coiffure (une Fontange réduite, agrémentée d'une mèche de cheveux entrelacée d'un beau ruban bleu) que la palette, faite de couleurs tendres et claires, que tranche un vert sapin caractéristique [4], nous semblent suggérer une datation vers 1705-1710.

Notes

[1] Voir Ariane James-Sarazin, Hyacinthe Rigaud (1659-1743), Dijon, Editions Faton, 2016, tome II : Le catalogue raisonné, n° P.513, p. 170-171, repr. p. 170.


[2] Ibid., n° D.73, p. 608, repr.


[3] Ibid., n° P.1005, p. 335, repr. ; voir aussi n° PM.101, p. 549.


[4] Voir par exemple le portrait de jeune femme inconnue que nous avons publié pour la première fois dans notre ouvrage, sous le numéro P.1129, p. 375, repr.

Pour citer cet article


Référence électronique

Ariane James-Sarazin, "Ni tout à fait la marquise de Croissy, ni tout à fait Mme d'Usson de Bonnac...", Hyacinthe Rigaud (1659-1743). L'homme et son art - Le catalogue raisonné, Editions Faton, [en ligne], 24 mars 2018, URL : http://www.hyacinthe-rigaud.fr/single-post/2018/03/24/Ni-tout-a-fait-la-marquise-de-Croissy-ni-tout-a-fait-Mme-dUsson-de-Bonnac



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